Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 11:31
TER - A31 : La galère des frontaliers dans l'indifférence générale ?

Ce n'est pas l'élue qui s'exprime ce matin, ce n'est pas celle non plus qui a été candidate aux élections régionales en Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne mais à qui on a tout fait pour qu'elle ne puisse pas présenter sa liste.

Mais, c'est celle qui depuis 20 ans (le 6 décembre prochain très précisément) utilise les transports en commun ou la route pour se rendre au Grand Duché du Luxembourg tous les matins.

Celle qui depuis 20 ans, comme presque 90.000 de ses concitoyens frontaliers luxembourgeois, permet à la Région Lorraine de faire baisser le chômage, chômage qui est pourtant plus élevé que dans la plupart des autres régions françaises et surtout supérieur à la moyenne (11 %), celle qui avec tous les frontaliers luxembourgeois ramenons 2.5 Milliards d'EUR tous les ans en France, et participons à l'économie de toute une région.

En 20 ans, on vit tout dans un TER ou sur une autoroute comme l'A31. Des bons et des mauvais moments, ponctués par la vie quotidienne que l'on partage avec des personnes qui comme moi, tous les matins, ont le même rituel.

Sur l'A31, on partage les bouchons qui n'ont cessé de s'accroître dans un silence hallucinant, on voit ou on subit des accidents, parfois mortels et que l'on n'oubliera jamais. Des moments de doute aussi, en se demandant si on fait bien de passer du temps dans sa voiture pour aller travailler de l'autre côté de la frontière (virtuelle il y a encore quelques semaines). On essuie des critiques surtout quand on est élue alors même que certains oublient que le fait d'être frontalière permet d'avoir une vision globale de la Grande Région, des répercussions positives de celle-ci pour la France, de ce qui manque aussi pour que ce ne soit pas que le Luxembourg qui crée de l'emploi mais bien toute notre région.

Les TER, eux, en 20 ans, ont beaucoup évolué. Je me souviens encore de ceux que l'on appelait en rigolant des "tapes-culs". On mettait plus de temps qu'aujourd'hui pour aller rejoindre Bettembourg ou la capitale luxembourgeoise, on était vraiment mal installé, avec peu de confort, et des soubresauts intempestifs, une chaleur horrible car la climatisation n'existait pas, mais on était jeune, on était heureux, on avait pas d'iphone ou d'androids, seulement des téléphones (très rares) mais qui faisaient presque le double de notre main. On avait pas d'internet, c'est vrai, le bouche à oreille était un de nos seuls moyens d'obtenir des infos, alors évidemment on échangeait beaucoup, on connaissait tout de la vie de l'autre, ses rencontres, son mariage, ses enfants, son nouveau travail, les bons plans, et la retraite de certains. D'aussi loin que je me souvienne, je ne me rappelle pas d'avoir connu des retards, ou si insignifiants que cela ne faisait craindre à personne de perdre son job.

Et puis, les TER "nouvelle génération" ont fait leur apparition. Cela allait de pair avec l'augmentation du nombre de ses utilisateurs. Je me souviens du jour où j'ai fait mon 1er voyage dans les nouveaux wagons. C'était un mélange de fierté, fierté parce que la Région Lorraine avait décidé de nous accorder une plus grande importance, et de soulagement parce qu'enfin, il y avait un peu plus de confort. Cela s'est accompagné d'une révolution incroyable également des réseaux, sociaux entendez-bien et de l'utilisation d'internet.Certaines des personnes que nous connaissions depuis des années à force de prendre le train étaient devenues des amis, des "compagnons" de déplacement, et pour la femme engagée que j'étais déjà, de formidables rapporteurs de la vie quotidienne des frontaliers. Contrairement à ce que nous aurions pu penser, cette révolution n'a pas eu d'effets négatifs sur les relations entre les usagers, cela ne les a pas coupé du monde et bien au contraire, cela a permis de nouer d'autres liens.

Mais, le grand problème, c'est que lorsque de l'autre côté de la frontière, l'emploi continue de progresser alors que celui en Lorraine ne fait que baisser, et que dans le même temps, les autorités n'accompagnent pas ce changement migratoire des emplois, on assiste comme aujourd'hui d'un côté à une saturation, que dis-je, un engorgement manifeste des voies de l'A31 et de l'autre, à des conditions de déplacement en TER dignes de celles en région parisienne.

J'en profite d'ailleurs ici pour remercier Jean-Pierre Masseret, l'actuel Président du Conseil Régional de Lorraine ! Les frontaliers n'ont jamais été sa priorité depuis 2004 et son arrivée au CR. Jamais, sauf aux élections quand il s'agissait de demander leurs voix. Le débat récent sur l'A31 Bis ne l'a d'ailleurs pas passionné, peut-être parce qu'il savait déjà que ces prochaines élections régionales ne lui seraient pas favorables. Peut-être tout simplement aussi parce que ce sujet est assez complexe et qu'après tout, il préfère laisser ce dossier à son successeur.

Passé ce constat, et comme si cela ne suffisait pas, on rajoute aujourd'hui le rétablissement des frontières qui font que certains automobilistes passent plus de 5 h dans les bouchons (aller-retour), tentent tous les chemins possibles et inimaginables, sont fatigués et stressés, et pire, ont de véritables problèmes de garde d'enfants.

Pour ce qui est du TER, l'impact n'est pas moins important. L'afflux de ces dernières semaines d'anciens automobilistes qui pensaient être un peu plus tranquilles en prenant les transports en commun est impressionnant. De bondés, les TER sont devenus pires que le métro parisien. Pire que celui new-yorkais. Et, parce que les chiffres sont plus parlants encore : sur 10 trains, 7 sont en retard systématiques.

Cela fait plus d'un an aujourd'hui, que régulièrement, les frontaliers sont pris en otages entre le Luxembourg et la France. On a parlé de travaux sur les voies, de problèmes de saturation et de cadencement, et hier soir encore, et comme souvent les vendredis, d'un problème d'aiguillage. 3 H 30 en moyenne pour rentrer chez soi, et ce, dans des conditions déplorables. Pas d'annonces en gare, mais un simple message : RETARD INDETERMINE ! Un petit café ? Même pas. Pour rappel, même dans une gare, quand il fait 1 ° dehors, il fait très froid.

La galère des frontaliers est un FAIT.

Mais, tout ceci, dans une indifférence totale, que ce soit de la part des gouvernements luxembourgeois, comme français.

Ces dernières semaines, nous avons accepté beaucoup. Parce que l'Etat d'urgence, parce que le terrorisme, parce que la peur...mais le contrôle des frontières n'est pas une solution et surtout c'est contre-productif (petit message à certains partis politiques) !

D'abord parce que le terrorisme est déjà implanté dans notre pays, et qu'il a pris possession de certains de nos jeunes en les radicalisant, ensuite parce que cela ne coïncide pas avec l'Europe que nous avons construits et qui a permis de rapprocher des peuples, d'avoir une monnaie commune et permet aujourd'hui à nos entreprises françaises d'exporter dans de meilleures conditions.

S'il y a un message que je ne cesserai jamais de faire passer, c'est que nous devons reconquérir les quartiers les plus fragiles de notre pays, travailler avec les jeunes de ces quartiers, faire de la prévention, et les accompagner. Leur dire à chacun qu'ils sont importants, et que nous avons besoin d'eux. Cela demande un budget certes, mais surtout une volonté politique. ET c'est sur ce terrain que j'attends nos pouvoirs publics et notre gouvernement. Dans ma ville, dans notre région, comme dans notre pays.

Ces dernières semaines, enfin, il y a un sentiment d'appartenance à notre Nation qui s'est réveillé. La belle endormie a fait son apparition. Le drapeau français, notre hymne national...partout en France, et dans le monde. C'est un début. Et ça doit continuer parce que nous le devons à celles et ceux qui ont été victimes de ces barbares.

C'est vrai que notre galère de frontaliers quotidienne, comparativement à cette situation, n'est rien. Mais elle peut avoir un impact négatif sur l'emploi, et sur la confiance en notre pays à régler les choses autrement qu'en nous privant de liberté.

Alors, arrêtons avec ces contrôles aux frontières, faisons marcher le civisme, employons nous à oeuvrer dans notre pays pour plus de sécurité en privilégiant la prévention, et pour les TER, demandons aux frontaliers leurs avis, mettons les cartes sur table pour expliquer ce qui ne va pas. Est-ce un problème de budget, de mauvaise communication entre la France et le Luxembourg, un problème de vétusté des installations ?

Aussi, si ce matin, je me suis réveillée avec la volonté de coucher sur le "papier" ces quelques réflexions, et si je ne fais pas comme à mon habitude, des propositions, j'espère que vous ne m'en voudrez pas. Pour une fois, j'avais juste envie d'être une frontalière parmis les frontaliers, qui demande à être écoutée et surtout entendue !

Les frontaliers sont les 1ers européens et les 1ers patriotes que je connaisse, car ils amènent tous les jours de l'autre côté de la frontière notre culture, notre savoir-faire, nos idéaux, et tout ce qui fait que nous faisons la France et pour tout cela, ils méritent le respect du gouvernement et des pouvoirs publics !

Un TER bondé le soir...

Un TER bondé le soir...

TER - A31 : La galère des frontaliers dans l'indifférence générale ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Christine SINGER
commenter cet article

commentaires

Raph 01/12/2015 22:17

"En nous privant de liberté" ??? Mais ma pauvre dame, c'est avec des raisonnements de ce genre qu'on donne trop de libertés à ceux qui n'en n'ont jamais eu, et qui veulent ensuite nous donner des leçons "chez nous". Alors lire de telles conneries, non merci, et si ça devait durer 1 an pour permettre de mettre ces chiens hors d'état de nuire, tant pis, je subirai ces contrôles aux frontières pendant 1 an sans rechigner !

Raph 01/12/2015 22:21

"Nous priver de liberté" signifie pour moi, aujourd'hui, devoir se terrer chez soi, annuler des manifestations (St Nicolas, Marchés de Noel, etc....) alors ça oui, il faut cesser de nous priver de ce genre de liberté, et si, pour y parvenir il est nécessaire d'établir une loi martiale, alors allons-y ! Notre Constitution et nos lois actuelles ont créé bien trop de brèches pour permettre à tout délinquant de sortir de prison au bout de 30% de peine accomplie (sous réserve qu'il y soit déjà allé !)

Ç FRIOT 30/11/2015 01:51

Quel raisonnement plein de bon sens ! Et quelle inertie des pouvoirs publics !

Présentation

  • : Le blog politique de Christine SINGER - Conseillère Municipale à Metz et Communautaire à Metz Métropole - Tête de liste aux élections régionales 2015 pour le PLD dans le Grand Est / ACAL
  • Le blog politique de Christine SINGER - Conseillère Municipale à Metz et Communautaire à Metz Métropole - Tête de liste aux élections régionales 2015 pour le PLD dans le Grand Est / ACAL
  • : Présidente du Parti Libéral Démocrate du Grand Est - Conseillère municipale à Metz & Conseillère communautaire à Metz Métropole
  • Contact

Pour me contacter

Par téléphone : 06.72.71.60.95

Par email : singer.christine5@gmail.com ou christine.singer@pld-acal.fr

 

 

 

Recherche

Pour adhérer au PLD

Cliquer ici : Document Aperçu non enregistré  link

Régionales 2015

Pour retrouver le programme de Christine SINGER, cliquez ici : www.pld-acal.fr